Quand on choisit une vie nomade, on quitte souvent le modèle classique du revenu unique et stable. Pas de CDI rassurant (la grosse majorité des nomades digitaux travaillent à leur compte), pas de fiche de paie ni de congés payés. Il est donc nécessaire de créer quelque chose qui tienne dans la durée. Et si possible, créer plusieurs sources de revenus car c’est un vrai levier pour la liberté. Dans cet article, je vous partage mes conseils et mon expérience personnelle !
Un seul revenu peut être fragile quand on est nomade
La première chose que l’on fait lorsque l’on se lance à son compte, c’est de trouver un premier client ou une première mission sur une plateforme. Mais attention à ne pas tout miser là-dessus. En effet, il vaut mieux avoir plusieurs clients pour faire face aux imprévus. Si vous travaillez en tant que freelance, votre client peut arrêter de travailler avec vous, quasiment du jour au lendemain. Et là, plus de revenus !
Dans une vie nomade, surtout si vous êtes parent solo comme moi, cela peut être brutal. Créer plusieurs sources de revenus permet donc de pouvoir mieux gérer lorsqu’un partenariat s’achève. J’ai mis du temps à le comprendre, et j’en ai parfois fait les frais, mais créer plusieurs sources de revenus est aussi accéder à une forme de liberté financière.
Les différents types de micro-revenus adaptés aux nomades
Je ne parle pas de créer une grosse entreprise et d’employer toute une équipe (bien que cela soit possible aussi). Dans la réalité, beaucoup de nomades digitaux combinent plusieurs micro-revenus. Individuellement, ils sont modestes… mais additionnés ensemble, cela crée un revenu correct.
Les revenus actifs liés à vos compétences
Ce sont souvent par ceux-là qu’il faut démarrer. Il s’agit tout simplement de vendre vos compétences, généralement en tant que freelance : coaching, rédaction web, création de sites web, graphisme, traductions, formations en ligne, consultations, etc. Il existe de nombreux métiers pour travailler dans le digital. Vous travaillez avec des clients que vous facturez au mois ou à la mission. Essayez d’avoir au moins deux clients différents au cas où l’un d’entre eux stoppe la mission.
Les revenus semi-passifs
Je les nomme « semi-passifs », car c’est beaucoup de travail au début. Mais ensuite, ils tournent seuls et vous génèrent des revenus, même quand vous dormez ! Ce sont les articles de blog, les ebooks, les livres mis en vente sur Amazon Kdp, les vidéos sur YouTube, les podcasts, les newsletters, etc. Tous ces formats demandent de l’investissement en temps au début, donc il ne faut surtout pas lâcher et s’y tenir pour voir les premiers revenus. Mais ensuite, ce sera l’inverse, vos contenus travailleront pour vous.
Les revenus d’affiliation et de partenariat
Il s’agit de recommander des outils, des services ou des produits que vous utilisez. Vous partagez vos liens d’affiliation sur vos articles de blog ou vos réseaux sociaux. Les montants peuvent être dérisoires, mais ils s’accumulent au fil du temps. Pour que cela fonctionne, il faut une large communauté donc, là aussi, cela prend du temps au début. Au niveau des partenariats ou du sponsoring, il s’agit d’être payé par une marque (que l’on connaît bien) en une seule fois.
Les revenus locaux ou presque
Certains nomades trouvent aussi des opportunités locales : organisation d’ateliers, cours en présentiel auprès d’autres nomades digitaux, services ponctuels, etc. Ces revenus hors écran sont une bouffée d’oxygène et permettent de faire de belles rencontres. Je compte aussi dans cette section les expériences de Woofing, Workaway ou house-sitting. Ils ne génèrent pas de revenus directement mais permettent de faire des économies tout en partageant le quotidien avec des habitants du pays !
Les revenus communautaires
Si vous avez une communauté derrière vous, vous pouvez proposer des newsletters payantes, des abonnements, des espaces privés en ligne, etc. Un modèle récurrent peut procurer des rentrées d’argent mensuelles. Mais pour cela, il faut beaucoup partager au début !
Mes idées pour créer plusieurs sources de revenus
Je ne sais pas si c’est la meilleure méthode, mais je vous donne mes idées pour vous lancer, selon ma propre expérience :
- Partez de ce que vous savez déjà faire : votre première source de revenu doit émerger d’une compétence existante. Fouillez bien dans vos expériences passées, vos études ou vos passions… vous trouverez certainement une idée pour en faire une activité à votre compte.
- Prenez le temps : ne lancez pas tout en même temps ! Vous allez vous épuiser et ce sera contre-productif. Stabilisez d’abord une ou deux sources de revenus actives avant de passer à la suite.
- Identifiez ce qui peut tourner seul : la vraie question n’est pas « comment gagner plus » mais « comment gagner même quand je dors ou que je me déplace ». Faites une liste de ce que vous pouvez créer en revenu passif et en rapport avec vos compétences/passions. Cela peut être de rédiger (ou déléguer à un pro) un guide pratique, un ebook, un podcast, des vidéos, etc. En bref, commencez à créer des revenus qui ne dépendent pas de votre présence immédiate.
- Documentez ou automatisez dès que possible : chaque source de revenu doit posséder son mini-système. Page de vente, processus de commande automatique, emails programmés, etc. Plus cela devient autonome et plus vous gagnez en disponibilité pour d’autres tâches. Vous pouvez aussi déléguer à d’autres freelances et donc investir un peu ce que vous gagnez (par exemple : payer un community manager pour gérer vos réseaux sociaux, un monteur pour vos vidéos, etc.).
- Faites le point régulièrement : le monde numérique va vite. Tout change et évolue donc restez attentifs aux nouveautés et réévaluez régulièrement vos sources de revenus. Faire un bilan tous les trois mois, par exemple, permet de vérifier ce qui fonctionne bien et ce qu’il vaut mieux laisser de côté. Pensez aussi à vous former sur les nouveautés, au fur et à mesure !
Les erreurs fréquentes à éviter
Je les connais car j’en ai fait certaines, mais l’on apprend toujours de ses erreurs, non ? En tout cas, vous avez de la chance, je les partage avec vous !
- Vouloir diversifier trop tôt : Avec mon cerveau neuroatypique, je suis souvent partie dans tous les sens. C’est une erreur ! Comme je l’ai écrit plus haut, il vaut mieux commencer à mettre en place une de vos idées, puis ensuite, passer à la seconde. Car lorsqu’on se disperse, rien ne se construit vraiment.
- Confondre occupation et revenu : Avoir beaucoup de projets ne signifie pas avoir beaucoup de revenus. Certaines activités consomment énormément d’énergie et de temps, pour un retour financier très faible. Il faut donc apprendre à distinguer ce qui paie vraiment de ce qui occupe trop de temps.
- Négliger les revenus passifs : Créer un produit numérique demande du travail. Beaucoup, parfois. Mais c’est un investissement ponctuel qui peut générer des revenus pendant des années. Reculer devant l’effort initial, c’est se priver d’une des sources les plus adaptées au mode de vie nomade.
- Attendre d’avoir tout bien compris avant de se lancer : C’est peut-être l’erreur la plus commune. La compréhension totale vient en faisant, pas avant. Il vaut mieux lancer une première version imparfaite d’un produit ou d’un service, puis observer ce qui se passe. Vous pourrez toujours ajuster ensuite. Car si vous attendez trop, vous ne vous lancerez jamais… ou trop tard !
Mon expérience personnelle
J’ai déjà rédigé un article où je vous explique comment je gagne ma vie, tout en étant nomade. Ici, je vais vous détailler comment j’ai démarré, et dans quel ordre :
- Au départ, je me suis lancée dans la rédaction web (j’étais professionnelle de la petite enfance auparavant). J’ai appris seule, en autodidacte, mais c’était plus simple à l’époque car on pouvait démarrer sans avoir son entreprise. Je me suis donc inscrite sur des plateformes de rédaction web. Le premier mois, j’ai gagné 30 euros ! Ce n’est pas grand-chose, mais j’étais ravie de constater que oui, on peut gagner de l’argent avec sa plume. J’ai rapidement trouvé un premier client, avec qui je travaille toujours d’ailleurs.
- En parallèle, j’ai créé mon blog « Ma tribu en vadrouille », au départ pour parler de mes échanges de maison. Puis rapidement, de ma vie nomade (qui est là depuis le début ?). J’ai passé plusieurs années à écrire des articles, sans penser à monétiser.
- Suite à la demande de quelques abonnées, j’ai ensuite créé ma formation en rédaction web. En 2018, nous étions seulement 2 ou 3 à proposer une formation en ligne sur ce sujet. Ma formation m’a donc permis d’augmenter mes revenus.
- J’ai ensuite trouvé plusieurs clients en rédaction web, certains pour des missions courtes, d’autres pour 1 ou 2 ans. Puis un client avec qui j’ai travaillé comme cheffe de projet éditorial (avec une équipe de rédacteurs et rédactrices à gérer) pendant plus de 4 ans.
- J’ai ensuite commencé à monétiser mon blog grâce à l’affiliation et au sponsoring, vu que le trafic ne cessait d’augmenter.
- Enfin, j’ai découvert l’autoédition ! Je me suis donc lancée dans l’écriture créative, mon rêve de toujours, que je pensais inaccessible. J’ai déjà sorti plusieurs romans, uniquement sur Amazon pour l’instant car ils peuvent imprimer à la demande et offrent la possibilité de faire de la publicité payante. Aujourd’hui, en 2026, je peux enfin dire que je touche des revenus grâce à mes livres. L’autoédition permet de toucher de plus grosses commissions qu’en étant en maison d’édition, donc je n’ai jamais envoyé mes manuscrits. Je préfère tout gérer moi-même et garder ma liberté d’expression.
Comme vous le voyez, créer plusieurs sources de revenus en étant nomade, cela peut prendre du temps. Il faut y aller progressivement, pas à pas, et essayer de s’affranchir du syndrome de l’imposteur qui nous fige au démarrage. Et surtout, le monde du digital change vite. Il faut savoir être flexible et s’adapter aux nouveautés du web. Avec l’arrivée de l’Intelligence artificielle, c’est d’autant plus vrai ! Alors, n’hésitez pas à prendre le train en marche. Commencez dès aujourd’hui à décliner une de vos compétences pour pouvoir gagner vos premiers revenus. Le reste suivra, avec le temps et l’expérience 🙂