2019/2020 : Notre 3ème année d’instruction en famille !

Cette troisième année en ief (instruction en famille) va être particulière car je vais être seule à gérer les enfants en plus de mon travail freelance. Vu que nous retournons en France pour plusieurs mois, il aurait été plus simple de les re-scolariser. Mais depuis que nous avons démarré cette nouvelle vie de nomadisme… tellement de choses ont changé au niveau de mon état d’esprit ! Les enfants veulent continuer l’ief et je ne vois que du positif à continuer.

Mon évolution depuis le départ, vis-à-vis de l’instruction en famille

Il y a 4 ans, je ne savais même pas que l’instruction en famille était possible. Je croyais que l’école était obligatoire pour tous les enfants. Pourtant… j’ai moi-même fait ma première et ma terminale avec le Cned, il y a fort longtemps (Bac que j’ai réussi, au passage !). Mais ça ne m’avait pas effleuré l’esprit que les enfants plus jeunes pouvaient s’instruire à la maison. Bref, c’est le début de notre vie nomade qui m’a fait réfléchir à la question. J’ai alors découvert tout un univers insoupçonné !

Des familles en ief bienveillantes, positives et prêtes à partager leurs connaissances et leur philosophie de la vie. Une véritable découverte pour moi ! Je me suis rendue compte que ma fille aînée, Sara, connaissait le principe du unschooling. Elle nous parlait sans cesse des écoles démocratiques (Voici un article à lire absolument si vous voulez en savoir plus sur les écoles démocratiques) ! Pourtant, je n’étais pas prête…

  • La première année, je finalisais la création de ma formation en rédaction web. J’avais donc beaucoup de travail en plus de mes contrats freelance ! Comme nous étions en Europe du sud, j’ai inscrit les filles dans des cours par correspondance. Nael avait 2 ans, la question ne se posait pas. Cette année-là fût souvent source de conflits avec les filles. J’avais tellement peur qu’elles ne travaillent pas… que je leur imposais des fiches en plus l’après-midi ! Bref, je reproduisais ce que j’avais toujours connu : l’école, mais transposée dans notre quotidien.

 

  • La deuxième année, je me suis assouplie car j’ai constaté que les enfants sont une source de curiosité infinie. J’avais plus de temps aussi ! Mais j’ai tout de même obligé Sara à s’inscrire au Cned car elle entrait au niveau « seconde ». Elle a avancé dans ses cours, mais a laissé tombé les devoirs avec notre accord. Elle continuait de nous parler du unschooling et de ses bienfaits. Je discutais de plus en plus avec des familles qui pratiquent l’apprentissage informel. Inès et Nael travaillaient avec moi toutes les fins de matinées et l’après-midi : Fiches, cahiers, sites internet. Au fil des mois, je me suis encore plus assouplie. Nous avons même tenté le unschooling total en fin d’année. Inès passait son temps à lire ! Nael réclamait des fiches. Tiens, ils veulent donc apprendre même sans que l’on ait besoin de les obliger ? Mais au fond de moi, j’avais peur. Peur de gâcher leur instruction et peur qu’ils ne progressent pas… au final, dans les apprentissages menés par l’enfant, ce sont les parents qui doivent lâcher-prise et se « déscolariser » et c’est le plus difficile !

 

  • En cette troisième année qui débute, j’ai pris le temps de regarder le documentaire « Être et devenir » de Clara Bellar (que je vous conseille de voir) et de lire les livres d’André Stern (« Et je ne suis jamais allé à l’école ») ainsi que de Peter Gray (« Libre pour apprendre »). Bref, cela m’a convaincue du bien-fondé de faire confiance en mes enfants. Après tout, même nous les adultes… si nous sommes motivés, nous apprenons mieux ! Le unschooling, c’est ça : laisser les enfants apprendre par eux-mêmes ce qui les intéressent à l’instant T. Plus tard, lorsqu’ils sauront le métier qu’ils veulent faire, alors ils seront motivés pour passer les examens et travailleront pour réussir, même s’ils ont pris du retard. Cela m’a fait réfléchir sur mon propre parcours : élève moyenne au collège où je m’ennuyais ferme, j’ai bifurqué vers des études en sciences sanitaires et sociales où les cours me plaisaient. Tiens donc, d’élève très moyenne, je suis passée dans les meilleurs élèves de la classe. Pourquoi ? Parce que j’avais « choisi » ma voie et que les cours me plaisaient. Du coup, je les mémorisais mieux ! Plus tard, j’ai dû passer le concours d’Atsem car c’est ce que je voulais faire. J’ai donc repris des cours (toujours avec le Cned) pendant 1 an et j’ai réussi mon concours. Puis bien plus tard, je me suis reconvertie dans la rédaction web. J’ai d’autres exemples autour de moi, dans ma propre famille. Des personnes qui ont arrêté leurs études tôt, avant même le fameux Bac. Et pourtant… avec de la motivation et du travail personnel, ils ont passé des concours et/ou repris leurs études plus tard (car ils étaient motivés à ce moment-là et pas avant). Aujourd’hui, ils font un métier qui leur plaît et vivent très bien de leur passion. C’est ça le unschooling ! Apprendre ce que l’on a besoin pour réussir dans ses objectifs. Voici un texte que j’ai trouvé sur internet (soi-disant écrit par un professeur), il donne à réfléchir :

Chers parents,

Les examens de vos enfants vont bientôt débuter. Je sais que vous êtes tous inquiets que vos enfants réussissent, mais, je vous en prie, rappelez-vous : parmi tous les élèves assis ce jour-là, se trouve un artiste qui n’a pas vraiment besoin de comprendre les maths. Il y a un futur entrepreneur qui n’a pas besoin de se souvenir de toutes ces dates d’histoire et des grands noms de la littérature anglaise. Il y a un musicien, dont les notes de chimie n’auront pas un grand impact dans sa vie. Il y a un athlète, qui devrait se concentrer sur sa forme physique plutôt que sur sa physique en général. Si votre enfant obtient de bonnes notes, c’est super ! Mais si ce n’est pas le cas de votre fils ou de votre fille, s’il vous plaît, ne les blâmez pas ! Dites-leur que ce n’est pas la fin du monde, ce n’est qu’un examen ! Ils accompliront des choses bien plus importantes au cours de leur vie. Aimez-les tels qu’ils sont et ne les jugez pas ! Maintenant, regardez vos enfants conquérir le monde ! Une mauvaise note ou un examen non validé ne fait en rien baisser leur talent. Souvenez-vous, les grands ingénieurs et les médecins ne sont pas les seules personnes heureuses dans ce monde.

Je me suis rendue compte qu’au final, nous n’avons pas besoin de « tout apprendre », comme l’école nous le fait croire. Je me souviens que lors de mes 2 années au Cned (première et terminale), je n’ai pas fait les cours de maths. J’essayais pourtant, mais je n’y comprenais rien ! À l’époque, pas d’internet… je devais me débrouiller seule. Après 2 devoirs catastrophiques ( 3 et 4 sur 20 !), j’ai abandonné. Pourtant, cela ne m’a pas empêchée d’être heureuse dans la vie. J’ai toujours pu faire les métiers dont je rêvais ! Aujourd’hui, lorsque j’aide Inès à faire ses maths, je comprends mieux les consignes d’ailleurs. On peut toujours rattraper son retard par la suite et apprendre de nouvelles choses.

Et pour l’anecdote, j’ai eu 12/20 en maths lors de mon Bac… à ce jour, je cherche toujours une explication !!

Notre organisation pour cette troisième année d’instruction en famille

Cette année donc, oubliés les cours par correspondance ! Les enfants vont pouvoir se concentrer sur les matières qu’ils aiment. Je ne passe pas au unschooling total… car je culpabilise encore un peu. Mais il y a du mieux et cela me convient ainsi qu’aux enfants ! Voici donc ce que nous avons mis en place pour cette année :

  • Pour Sara, niveau Première : Pas de Cned car elle a vraiment eu du mal à terminer l’année dernière. Les cours du Cned sont assez lourds et très formels. Elle voulait quelque chose de plus ludique pour se préparer au Bac. Je l’ai donc inscrite sur le site des Bons Profs, qui proposent des cours en vidéos, mais aussi des fiches de révision et des exercices en ligne. Elle gère seule ses apprentissages cette année et je lui fais confiance ! Elle trouve différentes ressources sur internet et prend beaucoup de notes. À côté de ça, elle a commencé à apprendre le japonais par pur plaisir (et pourquoi pas le passer en option au Bac) et elle a débuté aussi des cours de dessin. Elle se dirige vers le métier d’illustratrice/graphiste donc elle passe du temps à dessiner et à s’améliorer ! Cette année, elle veut aussi s’engager dans la protection de l’environnement et je la laisse faire. Depuis plusieurs mois maintenant, elle est devenue végétarienne. Elle prépare un livre sur l’écologie avec d’autres jeunes rencontrés au Cned et fait partie d’une association de protection de la nature. Je suis vraiment fière de son évolution !

 

  • Pour Inès, niveau Sixième : Là aussi, gros changement ! Je me suis vite rendue compte que si je force Inès à travailler, surtout sur des matières qu’elle ne comprends pas (comme les maths)… elle va écouter et faire les exercices mais ne retiendra rien. Elle va souffler, je vais m’énerver et cela finit en disputes. Alors nous avons fait un pacte : oui au unschooling, mais à condition qu’elle fasse des activités scolaires avec moi (de façon ludique), une heure par jour ! Et cela fonctionne du tonnerre (il a fallu attendre la troisième année pour ça). Voilà comment nous procédons : comme Inès n’a aucune idée encore de ce qu’elle veut faire plus tard… je lui ai proposé d’explorer plusieurs thèmes. Nous avons donc défini un thème par mois, jusqu’à juillet prochain. Pour les premiers mois, nous nous sommes basés sur les thèmes de « l’Odyssée Pédagogique » qui propose des chasses au trésors et des énigmes ludiques et pédagogiques. Inès adore ! Tous les matins, je prends Inès pendant une heure et nous « travaillons » mais de façon ludique et c’est elle qui choisit la matière qu’elle veut explorer chaque jour. Nous utilisons aussi de temps en temps le site Kartable ainsi que Wiloki. Le reste de la journée ? Je lui mets des ressources à disposition, mais elle fait ce qu’elle veut : lecture (beaucoup de lecture, elle est passionnée par les romans d’aventure), fiches de maths et français laissées à disposition (et elle en fait !! Enfin, que le français pour l’instant…). Nous faisons beaucoup de jeux de société pédagogiques que je trouve sur internet. Il faudra que je vous fasse un article là-dessus ! Nous faisons des jeux d’histoire, de géographie, de français, de maths, etc. C’est fou comme elle retient de cette façon ! Si vous voulez en trouver, notez « Print and Play » dans Google images. Inès est passionnée par l’anglais, donc j’ai prévu de lui payer une heure d’anglais par semaine avec un étudiant. Cette année, elle est enfin ravie d’apprendre et du coup, elle fait de gros progrès et avec le sourire. Fière de son parcours aussi !
instruction en famille
Inès fait des fiches d’exercices par elle-même, sans que je l’oblige !
  • Pour Nael, niveau moyenne section : Pour lui, qui n’a jamais mis les pieds dans une école, je retrouve ce que l’on peut voir dans le documentaire de Clara Bellar ou les livres sur le unschooling : une grande joie de vivre et une soif d’apprendre. Il a beaucoup d’imagination et adore s’inventer des histoires. Il est très curieux et pose des questions qui parfois nous étonnent. Cette année, comme avec Inès, je lui mets de nombreuses ressources à disposition et je passe une heure avec lui le matin (après sa sœur). Je lui propose la méthode des Alphas depuis quelques semaines car il veut apprendre à lire et il adore. Il avance très vite ! Au niveau des maths, nous faisons des jeux et de la manipulation. En arrivant en France, je lui fabriquerai aussi du matériel Montessori. Il s’incruste souvent lorsque je suis avec Inès. Du coup, il regarde les « C’est pas Sorcier » et les « Il était une fois la vie » avec elle et parfois il participe aux activités de français ou maths niveau sixième ! Je lui laisse des fiches à disposition (découpage, collage, graphisme, logique, etc.) et il en fait tellement que j’ai du mal à suivre le rythme. Du coup, je lui achèterai sûrement des cahiers d’activités en France ! Bref, je le laisse apprendre ce qu’il veut et avancer à son rythme. Contrairement à ses sœurs, qui ont été scolarisées de nombreuses années, pour lui l’instruction est un vrai plaisir !

En plus de tout cela, nous essayons de fonctionner comme une école démocratique cette année : conseils de famille où les enfants peuvent proposer des activités aux autres, votes pour les sorties, rappel des limites à ne pas dépasser, etc. Je peux vous dire que l’ambiance s’est nettement améliorée ! Les après-midis, nous faisons des expériences scientifiques, de l’art, du bricolage, du sport ou encore des sorties. Une fois arrivés en France, ils iront à la médiathèque, la ludothèque et les filles veulent s’inscrire au local jeunes qui proposent des activités pour les 11-17 ans. Elles ressentent bien sûr le besoin de partager des moments avec des jeunes de leurs âges. Je compte aussi partir 2 mois cet hiver avec les enfants ainsi que 2 mois l’été prochain, en accord avec leur père. Les voyages ne s’arrêteront donc pas !

Bref, une belle année d’instruction en famille en perspective. Et vous, qu’avez-vous choisi comme pédagogie cette année ?

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