Instruction en Famille : Nos débuts

Instruction en famille : ces mots, je ne les connaissais même pas il y a 1 an. J’ai découvert depuis, que l’école n’est pas obligatoire en France contrairement à l’instruction. Lors de la préparation de notre vie nomade, il a donc fallu nous renseigner sur les moyens d’instruire nos enfants. Aujourd’hui, cela fait 6 mois qu’Inès et Sara sont en ief (instruction en famille). Il est temps de faire le bilan sur ce premier semestre et de vous donner toutes les infos que nous connaissons.

L’instruction en famille au niveau de la loi française

L’instruction est donc obligatoire en France. Mais celle-ci peut avoir lieu dans une école ou bien au domicile familial. La loi Jules Ferry (article L131-2 du Code de l’éducation) précise que les parents sont libres de choisir le mode d’instruction de leurs enfants. D’ailleurs, il existe de nombreuses formes d’instruction à domicile ! J’étais loin de me douter de tout ça, il y a quelques mois. Voici donc une petite liste des différents modes d’instruction (N’hésitez pas à compléter, dans les commentaires) :

  • Les cours par correspondance : Le CNED est le seul cpc (cours par correspondance) public. Mais il en existe beaucoup dans le privé ! Ils fonctionnent tous plus ou moins de la même façon. Ce sont des enseignants qui préparent les cours et les envoient aux enfants. Les enfants suivent donc un programme établi et ont aussi des évaluations à distance.
  • L’instruction formelle : Les parents instruisent leurs enfants avec différents supports (manuels scolaires, logiciels, cahiers d’exercices, ressources trouvées sur internet, etc…). Ils enseignent donc à leur enfant les matières classiques comme les maths, le français, l’histoire, les sciences, etc…
  • L’instruction informelle ou unschooling : Les parents instruisent leurs enfants avec les expériences de la vie courante. Il n’y pas vraiment de programme établi, les unschooleurs estimant que chaque enfant apprend de façon autonome. Ayant travaillé 20 ans dans le milieu de la petite enfance, je peux affirmer qu’en effet, un enfant est curieux et questionne le monde. L’instruction informelle part de cette curiosité naturelle pour proposer de nombreuses expériences où l’enfant apprend sans en avoir l’air. Difficile d’expliquer, mais si cela vous intéresse, vous pouvez regarder le documentaire « Être et Devenir » de Clara Bellar. J’ai aussi visionné cette vidéo, qui en quelques minutes, résume bien cet état d’esprit :

Mais si la loi française autorise ces différents modes d’instruction, elle oblige tout de même à ce que chaque enfant instruit en famille ait acquis les connaissances du Socle commun à 16 ans. Pour rappel, l’instruction est obligatoire de l’âge de 6 ans jusqu’à 16 ans. Pour vérifier que l’enfant progresse d’une année sur l’autre, l’État procède à un contrôle pédagogique annuel. Ce contrôle est obligatoire, sauf pour les inscrits au CNED (version réglementé). Pour les familles voyageuses à l’année, comme nous, il ne peut pas y avoir de contrôles car nous changeons tout le temps d’endroit.

instruction en famille

En fait, chaque année, avant la rentrée scolaire, il faut envoyer un courrier à l’inspection académique de son domicile, en les informant que nos enfants sont instruits en famille. C’est aussi une obligation, chose que j’ai faite l’été 2017. J’ai ensuite reçu un courrier, comme quoi Sara et Inès ne pourront pas être évaluées au vu de notre vie nomade. Ils me précisent que je dois me rapprocher des ambassades pour leur faire passer les examens en candidat libre. Pour cette année, nous avons inscrit Sara au brevet des collèges en France, pour plus de facilité et car nous avons le projet de passer l’été à Montpellier.

Notre choix d’instruction en famille pour l’année 2017/2018

Lorsque nous avons décidé de devenir nomades, nous avons hésité pendant des mois sur le mode d’instruction que nous voulions donner à Sara et Inès. Comme je travaille en freelance sur le web et que c’est notre première année d’école à la maison (sans maison fixe 😉 ), nous avons opté pour la facilité : les cours par correspondance.

Après avoir épluché tous les cpc, nous avons fini par trouver une école virtuelle : le CNEEL. Mais difficile de trouver des avis sur cette école ! Nous avons donc pris le risque d’inscrire les filles, sans trop savoir à l’avance. C’est aussi pour ça que je dresse ce bilan, 6 mois après le début des cours. Si nous avons choisi le Cneel, c’est parce que nous voulions que nos filles soient autonomes le matin dans leurs apprentissages et qu’elles aient des « camarades de classe », même virtuels.

instruction en famille vie nomadePour Sara, qui est en 3ème cette année, le bilan du premier semestre est plutôt mitigé. Beaucoup de professeurs quittent le Cneel, remplacés assez vite cependant. Mais cela fait pas mal de changements dans la façon d’enseigner et une perte de temps dans certaines matières. Heureusement Sara est sérieuse et bonne élève, donc elle va sur la plateforme lorsqu’il y a une absence. La plateforme, c’est un support où toutes les matières scolaires présentent des cours en vidéos, mais aussi des parcours notionnels et des quiz. Les professeurs s’en servent très peu, mais les élèves peuvent y aller quand ils veulent, même en-dehors des cours.

Pour Inès, en CM1, le bilan est très positif. Sa maîtresse est toujours présente et les cours qu’elle donne sont très complets. D’ailleurs Inès a fait de gros progrès en math et en anglais ! Elle a un cahier où elle écrit parfois ses leçons (on peut aussi les imprimer) et un autre cahier où elle fait ses devoirs. En effet, en début d’après-midi, les filles ont des devoirs à faire. Je peux ainsi voir si Inès a bien compris sa leçon du matin et sa progression, Sara étant entièrement autonome.

Au Cneel, les enfants ont des notes, des bulletins plus ou moins réguliers avec les appréciations des professeurs et un certificat de scolarité. Il faut tout de même une bonne connexion internet pour pouvoir suivre ces cours virtuels.

Il a fallu plusieurs mois pour trouver un rythme d’apprentissage. Comme je le disais dans notre bilan de vie nomade 2017, au tout début je faisais faire des fiches de travail en plus aux filles. Cela nous a valu de nombreuses colères de la part d’Inès et de la démotivation même chez Sara ! J’ai donc fini par abandonner et le stress s’est peu à peu envolé… J’ai aussi intégré pas mal de groupes Facebook sur l’ief (instruction en famille). En lisant et discutant avec des familles qui font l’école à la maison depuis longtemps, je me suis rendue compte que je me mettais la pression par peur qu’elles n’apprennent rien.

instruction en famille informelle

6 mois après, j’ai beaucoup changé à ce niveau-là ! Peut-être que le fait de rester 24h/24h avec les enfants nous permet aussi de mieux les comprendre. Et ce que j’ai compris, c’est que Inès n’est pas du tout « scolaire » dans le sens formel du terme. Elle a de bonnes capacités mais seulement si ça l’intéresse. Même si nous sommes ravis des cours du Cneel pour le niveau primaire, nous voyons bien qu’Inès n’est pas toujours attentive pendant les cours. Si le cours l’ennuie, elle fait autre chose et n’écoute que d’une oreille…

Depuis quelques semaines, j’ai donc introduit de l’informel dans notre planning ! Aussi pour tester, car j’avoue que ce mode d’apprentissage m’intrigue fortement. Voici donc notre planning actuel :

  • Lundi/Mardi/Jeudi/Vendredi matin : Cours avec le Cneel (Sara : de 9h à 12h30 et Inès : de 9h à 11h40)
  • Lundi/Mardi/Jeudi/Vendredi après-midi : En début d’après-midi, les filles font leurs devoirs. Sara seule dans sa chambre et Inès avec moi ou Lamaâ. Ensuite, on fait de l’informel ! Chaque dimanche, on fait une liste d’activités diverses que les filles ont envie de tester dans la semaine (faire des mug-cakes, découvrir une comédie musicale, regarder un film en anglais, faire des jeux de maths, lecture, s’initier au judo sur la plage, faire du Géocaching, etc…). Ensuite, elles piochent chaque jour dans cette liste 1 à 3 activités selon le temps que ça nous prend. Lorsque Nael se réveille de la sieste, on arrête et on part tous se promener et visiter ! Au retour, elles sont libres de faire ce qu’elles veulent.
  • Mercredi matin : Elles font souvent la grasse mat’ ! Puis elles sortent avec Nael et Lamaâ pour faire des petites courses ou jouer dans la nature.
  • Mercredi après-midi : Les filles ont le droit de toucher à leur ordi pour faire des jeux ou regarder des vidéos, pendant la sieste de Nael. On essaie de réduire leur temps d’écran car elles font déjà l’école via leur ordinateur. Depuis quelques temps, Inès est devenue accro aux écrans… donc on essaie de trouver un maximum d’activités pour la décoller !
  • Weekend : En général, c’est là que nous faisons les grosses visites à la journée. Comme nous changeons de pays tous les 2 à 3 mois, il y a de quoi faire en découvertes. Bref, c’est aussi unschooling tous les weekends !

Nos projets pour la rentrée 2018/2019

Avec toutes ces découvertes et ces expérimentations, je pense que nous serons au top pour l’année prochaine ! Surtout que nous avons le projet de partir loin dès novembre 2018… Mais chut, je vous en dirai plus bientôt 😉

Nous avons donc sérieusement réfléchi ces dernières semaines. En effet, nous ne réinscrirons pas les filles au Cneel car le décalage horaire sera trop important (les cours se font en direct, à l’heure française). Nael aura l’âge d’entrer en petite section de maternelle. Il a fallu réfléchir pour lui aussi !

Voici donc ce que nous avons prévu pour la rentrée prochaine :

  • Pour Sara : Elle entame sa seconde (déjà !!!) à la rentrée 2018. En concertation avec elle, nous avons décidé de l’inscrire au Cned pour sa scolarité au lycée. Ce sera la version libre car elle est déscolarisée depuis 1 an, mais aussi par choix ! Pas de stress pour rendre les devoirs à temps. Sara est très scolaire, elle aime ça et a de très bonnes notes, alors le choix était tout vu. C’est aussi une demande de sa part, donc elle continue les cpc.
  • Pour Inès : Elle entre au niveau CM2 et pour elle, on stoppe les cpc ! Je me suis rendue compte qu’elle apprenait très vite si elle est intéressée. Par exemple, c’est en jouant qu’elle a appris ses tables de multiplications (jeu de l’oie version math et même un jeu de bataille que je lui ai fabriqué). Avec elle, il faut que ça soit ludique et que ça bouge ! Je vais donc tenter l’informel pour l’année prochaine, mais combiné tout de même avec du formel. Je la ferai donc travailler sur des manuels (en pdf, que des mamans en ief m’ont déjà envoyé), des cahiers d’exercices que j’achèterai en France et des jeux éducatifs en ligne. Tout ça bien sûr, combiné aux nombreuses expériences et découvertes que nous ferons !
  • Pour Nael : En petite section, c’est plus de la manipulation et des expériences de vie 😉 Mais il s’intéresse depuis peu à ce que font ses sœurs quand elles font leurs devoirs. À suivre…

Voilà pour le bilan de nos 6 premiers mois d’instruction en famille ! Nous qui étions stressés par la question de la scolarité des enfants, nous sommes enfin plus sereins. Du coup, les enfants aussi 🙂

 

 

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4 commentaires sur “Instruction en Famille : Nos débuts

  1. Bonjour,

    Merci pour cette présentation claire et concise ! Nous partons dans 5 mois pour un tdm en famille d’un an et j’ai longuement hésité sur la façon d’instruire mes enfants de 8 et 11 ans qui seront respectivement, en ce2 et 6e.
    Étant professeur des écoles, je me suis dit au final que l’instruction en famille informelle, je saurais faire. Donc notre choix est fait et je m’aiderai des manuels, des nombreux sites de collègues riches et bien faits.
    Je n’avais juste pas eu l’info concernant le « contrôle » à l’ambassade… Est-ce obligatoire ? Savez-vous à quelle fréquence ?
    J’avais entendu parler d’un bilan en fin de tdm, effectué par un inspecteur d’académie, pour une famille ayant voyage il y a 3 ans. Mais sinon rien de trop formel…

    Merci pour toutes ces infos déjà et pour celles à venir !

    1. Alors attention, quand j’ai parlé d’ambassade, ce n’est pas pour le contrôle annuel mais pour passer des examens, comme le brevet des collèges, le bac, etc…
      Pour les familles en tour du monde dont les enfants réintègrent une école classique à leur retour, en effet, il y a ce fameux contrôle effectué par l’inspecteur d’académie. Mais si vous êtes enseignante, pas de stress, des manuels suffisent en effet 😉
      En tout cas, on se dirige vers ça aussi pour l’année prochaine.
      Peut-être que l’on se croisera quelque part autour du monde ?

    1. Merci Thierry, ça me touche beaucoup 🙂
      On espère bien vous revoir un jour sur les routes !
      Bises à vous 3

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